choose your language...


Press

 
Béton ciré sur carrelage
Catherine Levard - Réalisation : Les Ateliers de Seine-Port - ARTICLE PARU DANS "MAISONS&TRAVAUX" - Juillet-Août 2007
Décoratif et résistant, le béton ciré autolissant se coule directement sur le sol d'origine à la manière d'un mortier de ragréage en couche mince.
Une mise en œuvre précise garantit sa finition et sa longévité.

Photo Antonio DUARTE

Constitué de liants hydrauliques et de charges minérales, le produit "ARTESOL" (proposé par Arc Atrium) s'applique théoriquement sur 6 à 20 mm d'épaisseur, soit sur un support à base de liants hydrauliques ciment (chape ou dalle en béton), soit sur un ancien carrelage ou un dallage en pierre naturelle. Dans tous les cas, un primaire spécifique au matériau est nécessaire pour assurer l'accroche du produit.
("ARTESOL" convient sur plancher chauffant.)
Autre impératif : le sol doit être sain, avec une tolérance d'écart de planéité infime, inférieur à 4 mm, pour éviter un surplus de consommation (en 20 mm d'épaisseur, soit le maximum, compter 1 seau pour 0,50 m². En 6 mm d'épaisseur, 1 seau pour 1,70 m²).

Préparer le support
Le produit autolissant s'étale de lui-même, du fait de sa consistance. Il ne doit pas être taloché mais caressé avec une lisseuse pour supprimer les microbulles d'air qui peuvent se former lors du malaxage. Pour contrôler l'épaisseur, et disposer d'un repère, on effectue un tracé au bas des murs à 6 mm du sol.
Les angles sortants (encoignure de porte, pied d'escalier, angle de cheminée, etc.) forment des saillies qui engendrent la fissuration du béton lors du séchage. Ils doivent être protégés par un cordon de joint acrylique ou un joint de dilatation souple en caoutchouc collé (Schlüter Systems). De part et d'autre, ce joint est prolongé par un joint acrylique extrudé en cordon (Ø 6 à 10 mm) qui forme une cuvette étanche et joue un rôle d'amortisseur en périphérie de la pièce.
La préparation du sol implique aussi de placer un profilé d'arrêt au niveau du seuil pour retenir le béton. Il se présente sous la forme d'un profilé en aluminium (L 2,50 m, larg. 6 mm) qui, une fois recoupé à dimension, se fixe sur le sol avec une colle de type néoprène.
A noter : sur une surface supérieure à 20 m², une fragmentation devient nécessaire, les profilés (Schlüter Systems) se répartissent comme on le souhaite pour obtenir un calepinage visuellement cohérent.
Sur un ancien carrelage. S'assurer que les carreaux sont parfaitement scellés et stables, le moindre jeu engendrerait des fissures. Si les joint font plus de 2 mm de larges, il est conseillé d'effectuer un ragréage sur 2 à 3 mm pour éviter l'apparition de leurs "fantômes" sur le nouveau décor.
Sur le sol vérifié et corrigé si nécessaire, le primaire prêt à l'emploi ("Ardex EP 2000" de Ardex, ou "Primliss" d'Arc Atrium) s'applique au spalter en deux couches. Il améliore l'adhérence du béton autolissant et sert de bouche-pores pour éviter que des bulles d'air ne restent enfermées dans le support. Sur le produit frais, on saupoudre du sable fin. Après séchage complet, le surplus est enlevé au balai.

Travailler en équipe
Sans parler de "course contre la montre", il faut savoir que ce revêtement de sol décoratif exige rapidité, dextérité et précision. La mise en œuvre ne laisse de place ni à l'improvisation ni à l'hésitation, le temps est compté pour répartir les gâchées d'un bout à l'autre de la pièce.
C'est pourquoi, si deux intervenants sont nécessaires, un troisième est aussi conseillé pour assurer le relais entre le préparateur et l'applicateur, chacun ayant un rôle parfaitement défini afin de ne pas perdre de temps.
Le préparateur ouvre autant de seaux de 20 kg de poudre que nécessaire pour couvrir la surface, et y incorpore les pigments dosés. Le mélange à sec révèle dans chaque contenant une parfaite homogénéité de couleur. Il met de côté un seau ouvert sans pigment pour pouvoir réagir vite en cas de manque. A portée de main, il garde un grand contenant d'eau claire, placé à proximité d'un robinet (et d'un tuyau) pour disposer en permanence d'une réserve de 50 litres. Il prévoit également 2 seaux d'eau pour nettoyer les outils, 1 malaxeur électrique réglé à 500 tours/minute, 2 petites truelles langue-de-chat (pour nettoyer les dépôts des seaux vidés), 1 doseur gradué de 4 litres d'eau, 4 à 5 seaux propres et vides contenant chacun 4 litres d'eau. Le tout proche d'un lieu où rincer les seaux au fur et à mesure. Le passeur (ou le 3e équipier) livre les seaux gâchés à l'applicateur, il récupère les seaux vidés au et à mesure, les nettoie et y verse 4 litres d'eau propre qu'il confie au préparateur pour une nouvelle gâchée.
L'applicateur réalise l'ouvrage en continu et dans le temps imparti grâce à ce manège. Il dispose de 40 à 50 mn quelle que soit la surface à couvrir entre le coulage du premier et du dernier seau.

Etaler le béton ciré
Chaque seau se verse en une seule fois. Au fur et à mesure, le produit est très légèrement caressé par la lisseuse, qui sert par ailleurs à le retenir s'il s'étale trop (au fait un barrage en maintenant la lame verticale). En cas de bulles d'air, on frappe le carrelage avec un maillet caoutchouc pour provoquer des vibrations qui les font disparaître. Dans la foulée, le seau suivant est versé en mordant sur la gâchée précédente : on évite ainsi de former des flaques dont les jonctions seraient visibles après séchage.
Le sol reste inaccessible pendant 48 heures. Il est possible de marcher dessus mais il ne supporte pas encore les charges lourdes et les talons. Il est réellement insensible au poinçonnement 15 jours après le coulage.

Protéger la surface
Le ponçage n'est pas indispensable, il permet néanmoins de limiter l'effet terne engendré par la laitance sur une couleur. Il en résulte également un aspect de surface plus minéral, plus "brut", les petits cratères dus à des bulles éclatées disparaissent. Cette opération s'effectue avec une monobrosse à vitesse de rotation lente (150 tr/mn) équipée de tampons scotch-brite, avec un grain de plus en plus fin et en trois étapes (de 40-60 à 120).
La protection finale est réalisée en deux temps. On commence par appliquer un bouche-pores pour béton, formulé à base de minéralisants et de résine polymère, qui améliore la résistance à la pénétration des huiles et graisses. On poursuit avec un vernis à l'eau bicomposant pour sol en béton à très faible odeur. Il s'applique en deux couches avec un spalter.
Il est également possible d'appliquer des vernis solvantés en protection tels que TRAITECIMART ou ETANCHSOL.

Photo Antonio DUARTE

1. Fixer un joint de dilatation autour des angles sortants avec une colle pour caoutchouc. En périphérie, un cordon de joint acrylique clôture la surface.

2. Après avoir vérifié la bonne tenue des carreaux et la planéité du sol, nettoyer celui-ci à fond. Appliquer le primaire à l'aide d'un spalter, en deux couches, en respectant le délai imposé entre chacune.

3. Saupoudrer du sable fin sur toute la surface pour la rendre accrochante. Après séchage complet du primaire, balayer le surplus de sable.

Photo Antonio DUARTE

4. Mélanger à sec la poudre blanche et les pigments. Préparer autant de seaux que nécessaire pour couvrir toute la surface du sol.

5. Verser le mélange dans un seau contenant les 4 litres d'eau. Tous les autres seaux sont prêts, pigments intégrés et mélangés, ainsi que les seaux avec 4 litres d'eau.

6. Effectuer le malaxage électrique à vitesse lente, pendant 3 à 5 minutes, pour obtenir une pâte liquide sans grumeaux et de coloris parfaitement homogène.

Photo Antonio DUARTE

7. Au fur et à mesur de leur préparation, les seaux sont vidés sur le sol. Chaque gâchée vient "mordre" sur la gâchée précédente pour éviter la formation de flaques et de raccords visibles.

8. Avec la lisseuse en inox, caresser la surface pour effecer d'éventuelles bulles d'air qui ont pu se former pendant le malaxage. Les mouvements doivent être très légers, sans procéder en arc de cercle ce qui engendrerait des traces. Le produit s'étale et se nivelle de lui-même en 6 mm d'épaisseur.

9. Après chaque gâchée versée et étalée, utliser un maillet en caoutchouc pour frapper le sol. Les vibrations qui en résultent font remonter les bulles d'air et les éclatent.

10 et 11. Traiter la surface avec l'ETANCHSOL

Photo Antonio DUARTE